Prologue : Ce n’est qu’une histoire

Salut à vous, voyageuse, voyageur. Les nuits sont froides. Le vent n’est pas fort dans la région, mais il est glacial. Voilà une couverture. Installez-vous avec nous, près de ce beau feu de joie. Mangez ce que vous voulez. Littéralement, ce qui vous vient à l’esprit. Ce n’est qu’une histoire. Notre imaginaire en sera les frontières.

Comme toutes les histoires, elle commence avec un héros. Mais pour l’heure, le personnage en question est occupé. Il n’est pas encore tout-à-fait un héros, voyez-vous ?… Vous comprendrez très bientôt. D’ici-là, je me ferai le plaisir d’être votre guide dans cette histoire.

Observons ces deux curieux personnages qui se blottissent l’un contre l’autre, comme pour chercher à échapper aux aiguilles que le froid enfonce malicieusement dans leurs vêtements. Le premier est petit, plutôt frêle d’épaules et porte un ensemble de cuir équarri. Le second ne paye pas vraiment de mine non plus. Il est drapé dans un gros plaid criblé de tiges d’herbe sèche et ses claquements de dents semblent se répercuter jusque dans votre propres prémolaires.

Concentrons-nous sur ces deux-là. Les autres protagonistes ne sont que des ombres dans ce tableau nocturne. Le héros n’en a plus pour longtemps.

Le premier personnage, le maigrichon, se penche à présent pour murmurer quelque chose à l’oreille de son comparse. À cette distance, le craquement du feu, le grésillement des insectes et la rumeur des conversations devrait couvrir le son de leurs paroles. Mais ceci n’est qu’une histoire. Vous vous penchez en avant et avec un peu de concentration, vous parvenez parfaitement à saisir ce qui se dit :

« Hey, Momp ? dit le maigrelet.

— Ouais, Selt ? répond l’emmitouflé

— T’as entendu causer du dernier plan ?

— Celui censé nous rendre riches et célèbre ?

— Celui-là même. Qu’est-ce que t’en penses ?

— C’est bien l’histoire du truc à escalader ?

— Ouaip.

— Et y’a une magicienne à trouver, non ?

— Ouaip.

— Y’aurait des mondes inexplorés là-dedans, c’est bien ça ?

— Ouaip.

— Et des tas de bons à rien dans notre genre y disparaissent chaque jour sans jamais en ressortir, je me trompe ?

— Ouaip… Euh, je veux dire, nan.

— Hum…

— … Alors ?

— Mon gars, je suis chaud. Je finis ma glace à la fraise et on y va. »

Vraisemblablement, les personnages ont eux aussi le droit de manger ce qui leur passe par la tête près de ce feu de camp.

Ah… Notre héros est enfin prêt.

Laissons là ce feu de camp trop fréquenté, ces personnages dépenaillés et ces conspirations murmurées. Survolons cette forêt plongée dans l’obscurité qui se dessine, au loin. Là, depuis la cîme des arbres, nous pouvons observer les événements se mettre en place autour du principal rouage de cette histoire. Celui à partir duquel tout a commencé et tout finira. D’une manière ou d’une autre.

Et elle arrive…

Cody & la Tour de la Sorcière
I-1 : Gérald, Charles et Joey

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