Une intense douleur ramena Dust à la réalité. Un effort terrible lui permit d’ouvrir les yeux. Il était revenu. Revenu d’où ? C’était une autre question.

Des étoiles dansaient devant ses yeux. Il cilla. Les étoiles étaient bel et bien là, en fait, brillant au-delà de la vaste baie vitrée du train d’atterrissage. L’odeur de brûlé et les débris alentour témoignaient d’une arrivée difficile : si la capsule fut parfaitement conçue dans une optique de propulsion, la question de l’atterrissage restait une tout autre affaire. Mais pour l’essentiel, Dust était parvenu à bord du Señor Papa Robot en un seul morceau.

Façon de parler, se dit-il. La prothèse sophistiquée remplaçant son bras droit avait été arrachée au cours du crash et gisait quelque part sous les vestiges en flammes de la capsule. Rien de grave. Il trouverait sans doute de quoi la remplacer à bord de la station.

Il tâcha de se redresser. C’est alors que la douleur fulgura dans sa poitrine. Il hoqueta et releva la tête ; une tige en acier transperçait sa poitrine de part en part et lui ressortait sous l’oesophage, dressée tel un doigt d’honneur ensanglanté.

« Oh », aurait-il voulu dire. À la place, le sang reflua à travers sa gorge et une douloureuse quinte de toux le secoua. Sa tête retomba sur le sol et il s’autorisa un sourire.

La situation n’était pas terrible, mais à dire vrai, il avait déjà connu pire réveil.