<Record n°4>

« Hoy ? Ça enregistre ? Awa. Avec le bruit que ça fait, je me demande si ce truc tourne ou s’il va me péter au pif. Vu les tuiles qui me tombent sur le groin en ce moment, je m’attends presque à ce que même la cuvette des toilettes essaie de m’arracher la tête.

« Donc, je reprends. Si vous recevez ce message, c’est que je suis probablement mort…

« … j’ai toujours rêvé de dire ça, ha ha ! C’est d’un classe, je trouve. Très dramatique, très fataliste, tout ça. Le top du top, ce serait que je ne meure pas vraiment. Ou que je meure d’une mort épique, comme bouffé par des zombies pendant un siège. Ou mieux, atomisé par des aliens lors d’une bataille spatiale. Ou encore mieux, cramé par un dragon en allant sauver une princesse ! Attends, les dragons n’existent plus, voui ? Mais on peut pas tout avoir.

« La bonne nouvelle, c’est qu’on a trouvé comment sauver le monde. Cette fois, c’est la bonne. Aucun risque que ça foire. Rien ne foire jamais, avec moi. À part de temps en temps – comme la fois où j’ai balancé un Tomahawk sur une colonie de survivants. Oui. OUI. Pas bien, Dust. En même temps, qu’est-ce qui leur a pris de camper sur mon terrain de tests balistiques, ces cons-là ? Sans déconner, les gars… Les panneaux « DANGER« , c’est pas pour faire joli, hein ? Alors mangez votre Darwin Award et foutez-moi la paix.

« Bon. Faut dire que ces panneaux, y en a tous les deux mètres depuis les Grandes Frappes nucléaires. Mais comme c’était y a un paquet d’années, on a moins de risques de se prendre une Tsar Bomba sur la tronche qu’à l’époque. J’aurais dû poser un panneau « DANGER VRAIMENT DANGEREUX« . Bonne idée. Je note. Voui.

« À part ça, je m’en sors pas trop mal. Allez, vraiment pour pinailler, y a aussi la fois où j’ai expédié Vidocq à la préhistoire par mégarde. Et comme il avait pas de machine à voyager dans le temps, il a galéré à revenir dans le présent. Il me fait un peu la gueule, depuis, mui. Alors qu’il devrait me remercier : il est quand même le premier chien-robot à croiser des dinosaures. Mais non, il boude. Bah… il est comme ça, le Vidocq : il a son petit caractère. Chacun ses défauts.

« Sauf moi qui suis parfait. Malheureusement, le reste du monde peut pas l’être. C’est pas grave. Le reste du monde m’a, moi. Franchement, il est chanceux ou il est chanceux ? Les deux, je dirais.

« C’est son jour de chance, même. Vidocq dit toujours que je fonce sans réfléchir, que je cause plus de mal que de bien. J’suis impulsif, qu’il dit. Trop radical. Mais lui, à part se lécher les balloches et me vanner, en quoi il nous fait avancer ? Il croit que ce monde est un moindre mal, mais il se rend pas compte qu’on est en guerre. Et que je sache, on n’a jamais gagné une guerre en se léchant les balloches – ou alors, faut m’expliquer.

« Faut être prêt à se salir les mains. Et moi, j’suis né prêt. Alors aujourd’hui, on arrête les conneries. On se sort les doigts et on se retrousse les manches. La Fin du Monde, c’est un train ; et moi j’suis le pack de nitro prêt à faire sauter les rails. Oui ? Oui.

« L’image est pas terrible, mais elle rendait bien dans ma tête. »